Archives, Il y a 50 ans, le Québec se dotait d’un ministère de l’Immigration

Il y a 50 ans, le Québec créait un ministère provincial de l'Immigration.
Photo : Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Voilà 50 ans que le Québec s'est doté d'un ministère responsable de la gestion de l'immigration dans la province. Nos archives possèdent des témoignages des raisons de cette création ainsi que de l'évolution des pouvoirs du Québec en matière d'immigration.
Une direction générale existait. Cette direction est devenue depuis quelques jours un ministère. Un ministre sera nommé incessamment.
Un ministère nécessaire
Le premier ministre du Québec Jean-Jacques Bertrand fait cette déclaration en octobre 1968, à la veille de la création officielle d’un ministère de l’Immigration québécois.

Le premier ministre espère que ce nouveau ministère pourra remédier à un problème qui inquiète tous les gouvernements du Québec depuis Jean Lesage.
On craint la perte graduelle de prédominance du français au Québec.
D’une part, ce qu’on a appelé au Québec « la revanche des berceaux », un taux de natalité parmi les plus élevés du monde occidental, s’essouffle.
D’autre part, la province peine à attirer des immigrants provenant du monde francophone.
Devant cette double menace, les gouvernements successifs de Jean Lesage, de Daniel Johnson et de Jean-Jacques Bertrand veulent agir.
La décision par le premier ministre Jean-Jacques Bertrand de créer un ministère québécois de l’Immigration le 5 novembre 1968 va dans ce sens.
Des débuts modestes
Les actions de ce ministère sont tout d’abord circonscrites.
Il n’ouvre initialement des bureaux d’immigration qu’en France et en Italie. Il propose aux nouveaux arrivants quelques services d’accueil limités d’assistance sociale et de placement pour les emplois.
Il établit aussi un réseau modeste de sept centres d'orientation et de formation des immigrants (COFI), chargé de franciser les nouveaux arrivants qui ne connaissent pas le français.
Il faut dire que malgré la bienveillance du ministre fédéral de la Citoyenneté et de l’Immigration Jean Marchand, les réels pouvoirs dans le domaine de l’immigration résident toujours à Ottawa.
Ottawa concède des pouvoirs
En 1978, le gouvernement du Québec est dirigé par le « séparatiste » René Lévesque.
Les experts conçoivent mal que son gouvernement obtienne des concessions de la part du premier ministre fédéral Pierre Elliot Trudeau.

Et pourtant…
Le 20 février 1978, le journaliste Camil Chouinard assiste pour le Téléjournal qu’anime Normand Harvey à un développement significatif.
Les ministres de l’Immigration du Canada et du Québec Bud Cullen et Jacques Couture, accompagnés du ministre fédéral des Relations fédérales-provinciales Marc Lalonde, signent une entente administrative.
Cette dernière accroît les pouvoirs du Québec en matière d’immigration.
Les immigrants indépendants seront désormais choisis par le Québec avec approbation définitive par le Canada.
Selon Camil Chouinard, le Québec vient d’obtenir un « statut particulier sectoriel ». L’atmosphère à la cérémonie de signature est euphorique.
L’entente McDougall-Tremblay

Le 5 février 1991, c’est au tour du journaliste Alain Picard d’assister pour le Montréal ce soir qu’anime Marie-Claude Lavallée à une nouvelle étape dans l’évolution des pouvoirs du Québec en matière d’immigration.
Les ministres fédéraux Barbara McDougall et Benoît Bouchard viennent de signer au nom du gouvernement canadien une entente administrative qui concède des pouvoirs additionnels en matière d’immigration au gouvernement du Québec.
La province aura notamment le pouvoir exclusif de choisir ses immigrants dans certaines catégories.
Le Québec s’est aussi vu donner l'assurance par Ottawa de recevoir un nombre d’immigrants proportionnel à son poids démographique au sein de la confédération.
Ottawa transfère également une somme de 332 millions de dollars au Québec pour garantir l’intégration des nouveaux arrivants.
En 2017, la province a admis 52 388 nouveaux arrivants, selon les données fournies par le ministère de l'Immigration du Québec.
42 % parlaient le français lorsqu’ils se sont installés au Québec en 2017.